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Une drôle d’incohérence qui consiste en ce que je peux m’imaginer que cela devrait être une sensation étrange de voir un texte écrit dans le futur et pour cette raison étant difficile à comprendre — un peu comme les photocopies des journaux du XIXe ou même des années 20 du XXe siècle — je reconnais qu’il y a quelque chose à quoi cette sensation ressemble, mais je n’arrive absolument pas à m’imaginer quel effet, justement, cela ferait. C’est un vide palpitant — réel, logique, observable — mais son contenu est complètement caché. C’est comme un fiole où coule, égouttant de nulle part, l’éther du futur, indéfini et indicible, remplissant la forme en verre palpitant que lui souffle le présent.

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There is no such thing as music for sleeping, music for reading, music for studying or music for fitness The only thing music could be for is listening. Everything else is straight up degrading a musician’s work.

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Les chants des oiseaux et le bruit des avions qui semblent venir d’un trou dans les nuages, comme si c’étaient les étoiles qui gazouillaient, comme si c’étaient les nuages qui grinçaient, comme si c’était le cosmos qui grondait.

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Est-ce que la complexité de ce qu’on vraiment sentait était toujours égale à la complexité de comment on parlait de ce qu’on sentait ? Est-ce que moi qui dis que je veux que le triangle de peau pâle que se point à mesure que tu déboutonnes ta blouse s’écrase dans les eaux rouges de mon désir, faisant la triple allusion au goût pas nécessairement entièrement jouissif, mais pas instantanément répugnant aux lac du lava dans « Doom II », à la scène de l’entrainement de Luke Skywalker dans « Star Wars » et, légèrement, à un vers de Rimbaud qui ne vient pas immédiatement à l’esprit, mais qui existe, c’est sûr, est que moi qui dis cela en pensant à toi, à ce flou toi que je ne peux définir que par des images éparpillées, par des souvenirs détachés et incomplets, par des odeurs coupés par la porte fermé, par les sons, par quelques voyelles, par le toucher de ta peau, par la velouté de tes dessous, mais surtout par cet essence qu’est vraiment toi, cet indéfini, indéfinissable qui vient à l’esprit juste un moment avant que les images, les mots et les odeurs ne commencent à arriver, ce mot que je ne connais pas mais qui te définit exhaustivement, ce son qui annonce indubitablement l’apparition de la pensée à toi, ce parfum qui évoque tous les parfums que tu portais, comment le dirais-je, enfin bref, tu sais bien ce que je veux dire, parce que tu sais ce qu’est aimer, parce que tu m’aimes, au moins tu me l’avais dit, et je t’avais crue, parce que je pensais qu’on sentait toujours la même choses quand on disait ça, est-que, alors, moi qui dis ça, moi qui n’arrive jamais à la fin d’une phrase commencée en me perdant dans les parenthèses, moi qui essaie de décrire mon amour, mais qui ne semble pas avoir fait un moindre progrès après en avoir parlé pendant un paragraphe interminable, est-ce que je ressens la même chose que Catullus qui disait, dammi basia mille, deinde centum, dein mille altera, dein secunda centum, dein, quam tantum millem fecerimus, conturbabimus, ne sciamus, aut ne quis malus invidere possit, cum sciat esse tantum basiorum, était-ce la même chose insaisissable qu’était Lesbia, ce mot, ce son, cette odeur qui annonçaient son apparition dans les pensées de Catullus quand il, comme moi, se mettait à en parler en croyant que cette fois, il l’avait ? Aimer, était-ce toujours idem ? Dire pourquoi, était-ce toujours aussi futile ? Être celui qui aime, était ce toujours aussi immédiat et irrémédiable ? La différence entre le fragile échafaudage des mots et le cathédrale de la conscience, était-elle toujours aussi dérisoirement énorme ?

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Un reflet d’une lanterne dans une flaque d’eau sur le pavé mouillé, c’est peut-être une chose à travers laquelle on pourrait communiquer, tant bien que mal, avec l’Antique Rome.

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L’existence du bracelet fait de deux serpents en or qui se croisent, trouvé pendant la fouille à Pompéi, exige l’existence d’un poignet sur lequel il a été mis, des yeux qui le regardaient et d’une personne qui le trouvait beau. Le bracelet est bien là, sur un coussin derrière le vitre au musée, ou peut-être devant la caméra d’ARTE, dans les mains d’un gardien vêtues en gants de sécurité qui tremblent juste un peu. Et l’expérience de sa propriétaire, elle est où ?